La transmission de la foi

Que se passe-t-il si nous ne transmettons pas la foi aux futures générations ? C’est une question que beaucoup de gens se posent, avec curiosité, avec enthousiasme souvent, avec regret parfois.

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte hostile à l’Évangile, particulièrement pour les jeunes générations. Les enfants issus de familles chrétiennes sont, aujourd’hui, confrontés à davantage de problèmes que nous l’étions. Lorsque j’étais enfant, la principale confrontation était scientifique. Aujourd’hui, les considérations scientifiques sont probablement moins importantes, on peut remercier le relativisme pour cela, mais les questions éthiques sont omniprésentes.

Quelques statistiques

À cela s’ajoute une méconnaissance grandissante du christianisme. Lorsque j’étais à l’école, la majorité des élèves de ma classe ont fait le catéchisme. Aujourd’hui, c’est une minorité. Ce que je dis là, c’est simplement une version personnalisée des statistiques : en 1970, il y avait 97,5 % de chrétiens. En 2021, plus que 59 %. On ne parle pas là des personnes qui sont de conviction chrétienne, mais de celles qui ont un jour coché la case « protestant » ou qui ont été baptisées catholiques. Bref, nous n’allons pas analyser plus en avant des statistiques, car cela nous conduirait à un constat que vous avez déjà fait depuis longtemps : il y a de moins en moins de chrétiens.

L’engagement de toute la communauté

Dans ce contexte difficile pour la foi, est-ce que nos enfants, nos jeunes, vont trouver leur chemin et être fidèles à Dieu ? Et la question qui l’accompagne, comment est-ce que nous, en tant qu’Église, nous allons les préparer et les accompagner ? Quand je parle de l’Église, il ne s’agit pas d’une institution représentée, par exemple, par les responsables de l’Église, ou dans le cas qui nous occupe ce matin, par les moniteurs d’école du dimanche ou les responsables du groupe de jeunes. En parlant d’Église, je parle de chaque disciple de Jésus, de toi et de moi. Ce matin, nous allons parler de l’Église et des enfants, et plus particulièrement de la transmission de la foi.

L’enfance, une période de vie décisive

La Bible parle des enfants. Il y a plusieurs personnages bibliques dont l’enfance a été hors du commun, en raison de la présence de Dieu. Est-ce que vous en connaissez ?

Voici une petite liste des plus célèbres :

  • Joseph
  • Peretz
  • Myriam
  • Moïse
  • Samson
  • Samuel
  • David
  • La petite servante de Naaman
  • Certains rois, dont Josias
  • Daniel
  • Jean-Baptiste
  • Jésus
  • Paul

Nous n’allons pas parler de tous ces enfants, nous nous arrêterons sur deux d’entre eux : Moïse, et Daniel. Nous sommes dans une société dont une partie des valeurs ne rejoint pas celles de l’Évangile. Est-il possible pour des enfants de garder la foi malgré cet environnement hostile à Dieu ? L’histoire de ces deux hommes est très encourageante.

Moïse

Sa vie

Moïse est né dans une époque troublée. La famille dans laquelle il est né était une famille d’esclaves. Tout comme les amis de ses parents, ses oncles et tantes, et tout son peuple. Leur maître, les Égyptiens, était dur, et avait le droit de vie ou de mort sur les enfants. Et justement, le roi, Pharaon, avait ordonné que Moïse soit tué. Sa mère ne pouvait pas s’y résoudre. Au lieu de laisser l’enfant mourir, elle décide de le poser dans une sorte de bateau de fortune, sur le Nil. Or la fille du roi vient se baigner précisément à l’endroit où se trouve le radeau.

Elle voit le bébé, et décide de l’adopter. Myriam, la sœur de Moïse, s’était cachée pour surveiller son petit frère. Lorsqu’elle entend que la fille du pharaon veut l’adopter, elle sort de sa cachette et propose de lui trouver une nourrice. La fille du pharaon accepte, et confie Moïse à sa mère, jusqu’au temps où il sera assez grand pour être accueilli à la cour du pharaon. On peut supposer que les Égyptiens éduquent ensuite Moïse comme un prince d’Égypte, selon leur système de croyances.

La transmission de la foi durant sa petite enfance

Quelle chance ! Sa maman avait quelques années pour lui apprendre à aimer Dieu, et à ne pas devenir comme les Égyptiens. Ce que Moïse a reçu à cette période de la vie était tellement fort, la grâce de Dieu a été tellement grande, qu’une fois devenu adulte, après avoir été formaté par l’éducation égyptienne, il sort et prend la défense des Israélites ! Incroyable ! Ce qu’il a reçu de la part de sa mère, une servante, a été plus puissant que ce qu’il a reçu de la part des meilleurs professeurs de l’Égypte !

Un encouragement pour aujourd’hui

Quand j’entends cette histoire, je me dis : mais nos enfants, il faut s’en occuper ! Les valeurs de notre société vont à l’encontre de la foi en Dieu. Si nous les entourons bien, nous avons la possibilité de leur transmettre des valeurs suffisamment fortes pour faire la différence dans notre société ! Il ne s’agit pas de les endoctriner, nous y reviendrons plus tard, mais de leur laisser la possibilité de choisir le Christ. Choisir Jésus, ce n’est pas mécanique, il n’y a pas de recette. Mais il y a des ingrédients qui nous permettent de favoriser ce choix.

Samuel, une enfance similaire

On peut également penser à Samuel, dont l’enfance, sur certains aspects, ressemble à celle de Moïse. Samuel, en effet, a aussi été élevé par sa mère durant les premières années de sa vie, puis il a été placé dans un environnement hostile. Sauf que l’environnement hostile n’était pas une oppression extérieure à la foi, mais venait d’un système religieux corrompu. Pourtant, par la grâce de Dieu, il a tenu ferme et est resté fidèle à Dieu.

J’ai lu un jour les paroles d’un grand sage qui disaient :

Eduque l’enfant d’après la voie qu’il doit suivre ! Même quand il sera vieux, il ne s’en écartera pas. (Proverbe 22 : 6)

Daniel

Ces deux exemples sont très encourageants, mais il s’agit de deux cas où ce sont les parents qui ont un apport décisif. Or, dans l’introduction, j’ai dit explicitement que nous parlerions de l’Église. Vous qui êtes parents, ou qui allez le devenir : vous jouerez un rôle décisif dans le développement spirituel de vos enfants. C’est à vous, premièrement, que revient cette tâche. Mais soyons réalistes. Les parents ont besoin d’aide, et l’Église peut transmettre sa foi de manière forte et convaincante auprès des enfants.

Sa vie

Prenons le cas de Daniel. Daniel est un jeune homme de bonne famille. Il est repéré par le sélectionneur de Babylone pour jouer dans l’équipe nationale. De grands privilèges l’attendent, ainsi qu’un bon lavage de cerveau durant trois ans. Pourtant, Daniel restera fermement attaché à Dieu, jusqu’à s’opposer aux ordres de l’empereur et risquer sa vie pour Dieu.

Mais quel rapport avec la transmission de la foi ? Daniel est déjà à Babylone, il n’est plus un enfant, mais un jeune homme.

La transmission de la foi dans sa petite enfance

« La troisième année du règne de Jojakim ». C’est la première chose qui est annoncée pour raconter l’histoire de Daniel. Savez-vous qui est Jojakim ? C’est un très mauvais roi. Son père, en revanche, a été un excellent roi. Il s’appelait Josias. Nous aurions aussi pu nous arrêter sur lui ce matin, puisqu’il a été roi à 8 ans. Contrairement à son père et à son grand-père, il a fait ce qui est droit aux yeux de Dieu. Il a entrepris de grandes réformes dans tout le pays pour marcher d’une manière digne du Dieu qui siège à Jérusalem. Et c’est justement dans ce contexte de réforme que Daniel a passé son enfance. Daniel a été marqué par la grâce de Dieu avant la chute de Jérusalem, et les réformes de Josias ont contribué à cela.

Un encouragement pour aujourd’hui

Je ne suis ni Josias ni Moïse, tu n’es ni Samuel ni Daniel. Mais est-ce que tu es prêt à contribuer à l’émergence d’hommes et de femmes de Dieu ? Le contexte n’est pas propice, il y a peu de chrétiens en Occident, mais est-ce que tu crois que Dieu peut le faire ? C’est pourquoi j’encourage l’Église à avoir un soin particulier pour les enfants.

Les petits-enfants sont la couronne des vieillards, et les pères sont la gloire de leurs enfants. (Proverbe 17 : 6)

Prenez soin des enfants comme s’ils étaient vos filles et vos fils, et lorsqu’ils vont s’épanouir en grandissant, ils seront comme un signe que vous êtes de princes, des fils du Très-Haut, ils seront une couronne sur votre tête. Les enfants vous regarderont avec beaucoup d’admiration et de respect.

La ressemblance, fondement de la transmission

La ressemblance

La ressemblance nous prédispose à recevoir

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’observer une petite fille et de dire : mais c’est la fille de Caroline ! Qu’est-ce qui vous a permis de faire ce constat ? Il y a deux choses qui vous ont mis la puce à l’oreille.

Premièrement, il y a la ressemblance physique. La couleur des cheveux, l’expression du regard, le teint de la peau. Un jour, je regardais l’album de mariage d’un de mes cousins qui s’est marié l’été dernier. J’ai beaucoup de cousins et nous n’avons pas des liens étroits. Cela faisait une dizaine d’années que je ne l’avais pas vu, je n’avais pas pu me rendre à son mariage, et je vois les photos. Ma première réaction a été : wouah, c’est incroyable comme il ressemble à son père ! Les fils ressemblent à leur père, les filles à leurs mères, et plus généralement, les enfants ressemblent à leur parent.

Deuxièmement, il y a les expressions, la façon de marcher, un geste typique de la maman, la façon de parler. La ressemblance physique est innée. Pour les expressions, il y a peut-être une part d’innée, mais surtout du mimétisme. L’enfant va reproduire de façon souvent inconsciente ce qu’il voit chez son papa ou sa maman. Sa ressemblance physique, génétique, le prédispose à recevoir ce que ses parents vont lui transmettre. Elle se fait simplement parce que l’enfant partage la vie de ses parents.

Revenons à Moïse : sa maman ne lui a pas donné un cours de théologie systématique avant de le confier à la fille de pharaon ! Mais en vivant sa foi au quotidien, en faisant preuve de courage et de confiance en Dieu, elle a transmis sa foi à Moïse. Une foi qui a tenu le choc de la confrontation culturelle.

La ressemblance rend la transmission naturelle

La transmission n’est pas une préoccupation ou un désir particulièrement chrétien. Il y a des non-chrétiens qui sont passionnés par ces questions ! Il ne s’agit pas uniquement des enseignants ou d’autres professions dont le cœur de métier est de transmettre. Mais il y a parfois des hommes à la morale discutable qui vont chercher à transmettre leur connaissance et leur savoir simplement pour que quelqu’un acquière ces compétences. On peut penser à un chef d’entreprise qui prend sous son aile un petit jeune pour le former. Cela donne l’impression que transmettre répond à un besoin, le besoin de voir ceux qui nous suivent nous ressembler.

La transmission

Une transmission corrompue

La transmission concerne tous les hommes, car nous avons été créés à l’image de Dieu ! Et nous-mêmes, nous engendrons des fils et des filles qui sont à notre image, à notre ressemblance[1]. Puisqu’il semble s’agir d’un besoin qui concerne les chrétiens et les non-chrétiens, revenons à la Création. Lors de la Création, Dieu a fait l’homme et la femme à son image, et les a placés dans le jardin d’Éden, comme ses représentants en quelque sorte.

Malheureusement, l’homme, en se détournant de Dieu, est devenu une image corrompue du Dieu incorruptible. Par ricochet, tout ce que l’homme fait, y compris transmettre, est corrompu.

La transmission parfaite

Dans le Nouveau Testament, il est dit que le Fils est l’image du Dieu invisible. Le Fils, c’est celui qui ressemble au Père, c’est celui qui représente le Père. Là où l’homme et la femme ont échoué, Jésus a réussi : il a obéi et représenté Dieu. Fait intéressant : Dieu transmet une mission au Fils.

Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. (Jean 5:19)

On ne peut imaginer une transmission aussi parfaite ! Le Fils transmet la mission qu’il a reçue de son Père aux hommes.

La transmission de la foi fait partie de notre mission

La transmission est donc un élément essentiel. Des dizaines de versets sur l’importance de la transmission de la foi, en voici un particulièrement parlant :

Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. […] Lorsque ton fils te demandera un jour : Que signifient ces préceptes, ces lois et ces ordonnances, que l’Éternel, notre Dieu, vous a prescrits ? tu diras à ton fils : […] (Deutéronome 6 : 4-9, 20-21a)

On va revenir dans quelques instants sur ce qui est dit ici, car il y a des pistes sur comment transmettre. Mais avant, regardons encore un des buts de la transmission.

Le but de la transmission de la foi

Par le Saint-Esprit, on naît de nouveau, comme des bébés dans la foi. Nous allons devoir grandir, pour devenir des adultes dans la foi.

C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Ainsi, nous ne serons plus de petits enfants, ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la ruse des hommes et leur habileté dans les manœuvres d’égarement. Mais en disant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tout point de vue vers celui qui est la tête, Christ. (Éphésiens 4 : 11-15)

Lorsqu’on est adulte dans la foi, on est stable. Et l’on grandit, non pas pour ressembler à notre père terrestre, mais pour ressembler à Christ.

La différence entre la transmission naturelle et spirituelle

Avez-vous noté la différence ? De façon naturelle, nous allons transmettre pour que nos enfants, et plus généralement celui qui nous suit, nous ressemblent. Ou au moins qu’il nous ressemble dans certains domaines. Ce que l’homme et la femme spirituels sont appelés à faire, c’est que leurs enfants, et plus généralement ceux qui les suivent, ressemblent à Christ ! C’est assez passionnant comme façon de voir, car au lieu que la transmission de la foi qui endoctrine et empêche l’expression de la personnalité, elle permet la diversité. Lorsque la génération qui suit ne fait pas ce que je fais, je ne suis pas menacé. Ils n’ont pas besoin de me ressembler, ils doivent ressembler à Christ.

Des pères et des mères spirituels

Dans l’Église, le concept de père et mère naturelle n’est pas supprimé ou diminué, au contraire !  « Honore ton père et ta mère ! », mais il est transcendé. Paul, un des auteurs les plus prolifiques du Nouveau Testament, appelle Timothée « son fils », alors qu’il n’y a pas de lien de sang ! Jean, dans ses épîtres, s’adresse à ses petits enfants ! Est-ce parce que Timothée ou les lecteurs de Jean devaient ressembler à Paul et Jean ? Non, ils devaient ressembler à Christ d’abord, et à Paul et Jean dans la mesure où ceux-ci ressemblaient à Christ. Paul et Jean ont eu un rôle de père, de transmettre la foi, de faire grandir ceux que Dieu leur avait confiés.

C’est pour cela que la transmission de la foi dépasse le cadre familial, pour être aussi vécue en église. L’Église — à savoir les personnes qui la composent, vous, moi, peut jouer un rôle de père pour les enfants. Un rôle similaire à ceux des parents de Samuel et Moïse, un rôle similaire à celui de Josias.

Résumé

Nous avons vu beaucoup de choses, je les résume :

  1. la ressemblance nous prédispose à recevoir de nos prédécesseurs et à transmettre à nos successeurs ;
  2. la transmission a été corrompue et nous pousse à rendre l’autre semblable à nous ;
  3. la transmission est réhabilitée par le Christ, qui nous pousse à rendre l’autre semblable à Jésus.

Comment transmettre notre foi ?

Comment transmettre la foi aux enfants ? Dieu nous laisse une grande liberté, car s’il y a des jalons qui sont posés dans la Bible, il n’y a pas de méthode. Je dirai deux choses.

Enseigner la Bible

La première, c’est que nous devons chercher à leur permettre de suivre Jésus le jour où ils le rencontreront en leur transmettant le contenu de la Bible. Cela signifie :

  • On enseigne la Bible, toute la Bible
  • On garde nos spécificités pour des discussions entre adultes, telle que : l’importance d’aimer Israël, l’importance de la prière d’écoute, l’importance de parler en langue, l’importance de faire des miracles, l’importance de lire la Bible dans les langues originales.

Pourquoi laisser tous ces sujets importants de côté ? Mais parce que notre but, ce n’est pas que nos enfants nous ressemblent en mettant à prier en langue ou à parler hébreu ! Notre but, c’est qu’ils connaissent les Écritures pour suivre Christ et être transformé à son image. Le reste, ça viendra plus tard, et probablement différemment que ce qu’on aurait espéré.

C’est un point absolument central, car si on ne laisse pas nos convictions, certes importantes, mais secondaires, de côté, alors on risque de détourner les enfants de Jésus, premier problème, et deuxième problème, les parents ne seront certainement pas d’accord de nous confier leurs enfants.

C’est d’ailleurs un principe que nous retrouvons dans tout ce qui est enseigné ! On n’apprend pas à un enfant la différence entre le passé composé et le passé simple s’il ne sait pas conjuguer un verbe à l’imparfait ! De la même façon, avant de faire de l’abstraction mathématique, les fameux x et y, il faut que l’enfant connaisse ses livrets. Inverser l’apprentissage serait ridicule !

Comment transmettre la foi ? En parlant de Jésus à travers les Écritures.

Développer l’esprit critique

Deuxième élément : développer leur esprit critique, afin qu’ils ne se laissent pas entraîner dans des combines, « ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la ruse des hommes et leur habileté dans les manœuvres d’égarement. » (Éphésiens 4 : 14)

Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. (Deutéronome 6 : 4-8)

Les israélites devaient écrire. Une banalité aujourd’hui, mais probablement un défi dans l’histoire d’Israël, ce peuple de berger. Car s’il fallait écrire, c’est qu’il fallait apprendre aux enfants à lire et à écrire. Autrement dit, la transmission de la foi passait par une transmission beaucoup plus large des connaissances. Cet élargissement des connaissances devrait conduire au développement de l’esprit critique, et donc la possibilité de reconnaître la vérité et rejeter l’erreur. Ainsi, dans le flot d’information et de doctrine auxquelles nos enfants seront confrontées, ils sauront reconnaître et choisir le Christ. Bien sûr, développer l’esprit critique de nos enfants favorise l’autodétermination, et ils peuvent aussi choisir de ne pas marcher avec Jésus, alors même que nous avons fait de notre mieux.

Deux choses essentielles donc dans la transmission de la foi : présenter le Christ à travers toutes les Écritures, et développer l’esprit critique.

Pourquoi s’intéresser à la transmission ?

Pourquoi s’occuper des enfants en tant qu’église ? Oubliez l’Église et pensez à la famille. Est-ce que les parents vont s’occuper des enfants ? La réponse est évidente. Et que se passe-t-il lorsque les parents ne s’occupent pas de leurs enfants ? Ils partent à la première occasion. Dans une famille qui fonctionne bien, les parents vont donner l’occasion aux enfants de s’impliquer dans la famille avant de devoir le faire dans la société. La transmission n’est pas uniquement une question de théorie, mais aussi de mise en pratique.

Un enjeu pour l’Église

Vie de famille…

Débarrasser la table. Si vous voulez être rapide et efficace, ne demandez surtout pas à vos enfants de le faire. Vous allez devoir insister. Cela va prendre du temps. Peut-être qu’un verre sera cassé. Et en plus, il faudra repasser derrière eux. Mais si vous prenez le temps de le faire, non seulement ils vont apprendre à débarrasser la table, mais en plus ils réaliseront qu’ils font partie de la famille ! On ne demande pas aux invités de débarrasser la table.

… vie d’Église

Transposons cet exemple à l’Église. Est-ce que les enfants ont la possibilité de s’impliquer dans l’Église comme toutes les personnes qui font partie de l’Église ? Ou est-ce qu’on considère que ce sont des visiteurs, qu’ils sont accueillis et qu’ils n’ont donc pas besoin de s’impliquer ? Laisser de la place aux enfants et aux jeunes, c’est prendre des risques. Prenons l’exemple de la louange, parce que c’est souvent là que les jeunes ont envie de s’impliquer, et que comme pour débarrasser la table, c’est un sujet qui amène la discorde. Lorsqu’on laisse des jeunes s’impliquer, ce n’est pas sans risque. Il va y avoir de la vaisselle cassée. Peut-être qu’ils vont jouer faux au début. Ils oublieront leur rendez-vous. Ils ne seront pas au point techniquement. Pire, ils auront un autre répertoire musical, que peut-être vous n’apprécierez pas.

Mais si vous vous souvenez que ce n’est pas à vous qu’ils doivent ressembler, mais au Christ, alors vous êtes fier d’eux et satisfait d’avoir accompli la mission que Dieu vous a confiée. Ils louent Dieu ! En s’impliquant dans la communauté, les enfants réaliseront qu’ils font partie de cette Église. Certains seront appelés ailleurs, mais beaucoup resteront.

L’enjeu : l’intégration des jeunes générations

Dans beaucoup d’Églises, les enfants n’ont rien à faire. Ils ne peuvent pas pratiquer leur foi et partent ! Les activités ne correspondent plus, et ils ne peuvent rien faire si les adultes sont toujours là. Qu’est-ce que les enfants peuvent faire aujourd’hui ? Participer à l’accueil avec leurs parents ? Servir le café pendant un repas communautaire ? Aider à la technique ? Prier à haute voix ? Chanter ? Faire de la musique ? Moïse a eu besoin d’un modèle, Timothée a eu besoin d’un modèle, nos enfants ont besoin de modèles. Il ne faut pas dire aux enfants : va faire le café ! Mais : viens, nous allons faire le café ensemble. Dès qu’il pourra le faire tout seul, et même avant, il vous demandera de lui-même de vous éloigner. Soyons des pères, pas des tyrans.

Priorité numéro 1, occupons-nous des enfants ! S’il y a une rupture, l’avenir de l’Église est compromis. La grande majorité des enfants quittera l’Église, ceux qui suivent Jésus pour aller servir ailleurs.

Si les enfants se sentent bien à l’Église, les parents auront davantage envie de s’y impliquer. En fait, en offrant quelque chose de qualité pour les enfants, on rejoint aussi les parents.

Un enjeu pour le rayonnement de l’Évangile

Deuxièmement, en nous occupant des enfants, nous avons la possibilité de rejoindre les gens de l’extérieur, des gens qui ne seraient autrement pas intéressés par l’Église et que nous n’aurions aucun autre moyen de contacter. Les enfants ne sont pas comme les adultes. Ils se gênent beaucoup moins pour parler de Dieu, et pour inviter leurs camarades à une activité d’église ! Lorsque le contact s’établit avec les enfants, il est souvent assez facile de l’établir avec les parents aussi.

D’ailleurs lorsqu’on regarde la manière dont la plupart des missions sont allées annoncer l’Évangile dans des zones où il n’y avait pas de chrétiens, c’est en s’occupant des enfants. Si ça a marché ailleurs, pourquoi ça ne fonctionnerait pas en Suisse ? Il y a peu de pays chrétiens, et nous devons nous renouveler dans notre façon de rejoindre nos contemporains. Prendre soin des enfants, c’est quelque chose qui les touchera et les amènera à se poser des questions.

Conclusion

Pour conclure, lisons un bref enseignement de Jésus.

Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. (Matthieu 18 : 3-5)

Pourquoi est-ce que Jésus dit qu’il faut être humble comme un enfant ? Je peux faire beaucoup théories sur le sujet, certainement très pertinentes. Mais le meilleur moyen de le savoir, et donc de devenir grand dans le Royaume, c’est de passer du temps avec les enfants pour connaître leur humilité. Les relations, c’est toujours à double sens. En prenant soin de ces plus petits, vous allez être enrichis.

[1] Voir Genèse 5 : 3 : « A l’âge de 130 ans, Adam eut un fils à sa ressemblance, à son image, et il l’appela Seth. »

Benjamin Henchoz
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